Histoire du site

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  • 16 septembre 2016

Suite à la destruction de l’hôpital Jean Hameau, la question de la réhabilitation des lieux s’est posée. C’est alors que l’idée d’un Écoquartier est née.

Ce nouveau quartier s’ouvre sur le Bassin d’Arcachon, aux abords de l’un des plus beaux espaces naturels préservés d’Europe, à la croisée des dunes, de la forêt et de l’océan. Respectant les principes du développement d­­­­urable tout en s’adaptant aux caractéristiques de son territoire, il est l’illustration d’une osmose parfaite entre nature et habitat.

La présence d’espaces conviviaux favorise les échanges et le lien social. De nombreux équipements participent à la création d’une véritable vie de quartier : terrains multisports, piscine, commerces, espace de jeux pour enfants, terrain de volley-ball…  Une maison de quartier, moteur de la vie du projet, donne accès à de nombreuses animations. Lieu d’accueil central et point d’information, ses actions visent à assurer la qualité de vie des résidents au quotidien.

dune plage forêt sable ecoquartier le pyla

La fixation des Dunes

Au 14e siècle, le sable commençait déjà à envahir la forêt littorale. En 1719 les sables ont commencé à recouvrir le toit de la chapelle Notre-Dame-d’Arcachon. En 1787 l’ingénieur Nicolas Brémontier s’inspira des études de Charlevoix de Villiers et travailla sur la fixation des dunes à grande échelle par la plantation de pins maritimes. Il engagea Peyjehan, homme du pays et initié à ces travaux. Vous pourrez trouver tout près de l’Écoquartier, sur la route du Pyla, le cippe de Brémontier qui a été élevé à sa mémoire.

Les plantations de pins dans les Landes ne furent pas vues d’un très bon œil par tous. En effet le système agro-pastoral, largement répandu dans les Landes de Gascogne à cette époque, reposait sur l’élevage des ovins et les cultures de quelques céréales et les bergers avaient pour habitude de faire paître leurs troupeaux librement sur les terres incultes.

fixation des dunes portrait fixation des dunes

L’ancien hôpital

Le territoire de santé d’Arcachon-La Teste a connu depuis 150 ans un fort développement fondé notamment sur sa vocation sanitaire. Ainsi, la population de La Teste de Buch dispose déjà de l’Hôpital Saint-Aimé inauguré en 1849, quand la ville d’Arcachon est créée en 1857. Le Centre Hospitalier d’Arcachon était implanté cours Tartas à Arcachon jusqu’en 1978, année de son transfert sur le site Jean-Hameau, allée de l’hôpital à La Teste de Buch (site de l’actuel Écoquartier). L’hôpital a intégré une construction neuve en 2013 dans le cadre du Pôle de Santé d’Arcachon.

Jean Hameau (1779-1851) était un médecin né et exerçant à La Teste de Buch.

Ses études sur les virus expliquent leur mode d’action avec une grande clarté, alors que les notions, à cette époque, sont extrêmement floues. Il décrit avec précision, l’origine des maladies contagieuses et leur déroulement. Il envisage l’existence d’anticorps et évoque la possibilité de vaccins par des virus atténués.
Ce n’est que 50 ans plus tard que Louis Pasteur confirmera la géniale intuition de Jean Hameau, avec des moyens autrement plus élaborés.

histoire dune portrait jean hameau

Le gemmage

Les romains utilisaient déjà la résine du pin des landes et au Moyen Âge un marché de résine s’établit. Les résines de la Teste de Buch se vendaient plus cher et étaient d’excellente qualité. La gemme, récoltée lors du gemmage, fournit l’industrie chimique en essence de térébenthine (20 %) et colophane (80 %). L’essor de la pétrochimie au 20e siècle accélère la disparition du métier de résinier à la fin des années 1980.

La résine se récoltait de mars à octobre. Dès janvier, le résinier enlevait une partie de l’écorce et plaçait la gouttière en zinc (crampon) qui guidait la résine. À partir de mars, il réalisait la care, une entaille de 1cm de profondeur dans la partie écorcée de l’arbre. La résine coulait dans le pot et était ramassée et conservée dans des barriques en métal pour être acheminées vers les distilleries.

Chaque année une nouvelle care était réalisée plus haut (jusqu’à 4m de haut) et tout autour de l’arbre. Un résinier devait en moyenne s’occuper de 4 000 pins, qui produisaient chacun environ 2,5 litres de résine par an.

Aujourd’hui cette activité est expérimentée avec des techniques modernes (perceuse, poches en plastiques…)

Pour en savoir plus

travaux de resinage resinier taillant un pin

Histoire de la forêt usagère

La forêt usagère s’étend depuis la Dune du Pyla jusqu’à l’étang de Cazaux. Ce massif forestier, très riche en flore et en faune abrite un écosystème précieux mais fragile. Sur de vieux pins restent visibles les cicatrices du travail des gemmeurs qui ont exploité cette forêt pendant plus de 2000 ans. Certains arbres ont tellement été « résinés » que les bourrelets de cicatrisations ont provoqué un élargissement important de la base du tronc. On les appelle les « pins-bouteilles » en raison de leur forme singulière.

 pin bouteille

Les arbres peuvent être coupés par les habitants des communes alentour pour le bois de chauffage, pour sa consommation propre, à l’exception des pins vifs (qui portent encore des aiguilles vertes) réservés pour le bois d’œuvre. Pour ce dernier ils peuvent s’adresser aux syndics généraux par l’intermédiaire de l’ADDUFU (Association de défense des droits d’usage et de la forêt usagère) et peuvent bénéficier de la scierie construite par les bénévoles de l’association.

tronc en bois coupe

Depuis 2 ans une expérimentation de gemmage est mise en place sur 400 pins de la forêt usagère pour permettre une étude de la reprise de cette activité.

 

Photos : Ville de La Teste de Buch – Shutterstock